Là où le travail commence
Tous les problèmes ne sont pas des lacunes structurelles. Nous commençons par déterminer lequel vous avez.
Chaque engagement ESFI commence par la même question : quelle lacune structurelle cela comble-t-il, et pourquoi aucune institution existante ne l’a-t-elle comblée ?
La seconde moitié de cette question compte autant que la première. L’Europe ne manque ni d’institutions, ni de programmes, ni de financements. Lorsqu’un problème persiste malgré les trois, la raison est rarement que personne ne l’a remarqué. Le plus souvent, le mécanisme qui permettrait de le traiter n’existe pas, ou existe sous forme de pièces qu’aucun acteur n’est chargé de relier.
C’est le type de lacune sur lequel nous travaillons.
Symptômes et lacunes structurelles
La plupart des conversations commencent par un symptôme. Un programme qui a livré ses résultats mais pas son objectif. Un système qui fonctionne jusqu’au moment où quelque chose doit changer. Une capacité qui existe sur le papier mais pas dans la pratique. Un risque que tout le monde peut décrire et dont personne n’est responsable.
Les symptômes sont réels, et c’est là que le travail commence. Ce n’est pas là qu’il se termine. La première tâche consiste à comprendre ce qui produit le symptôme.
Parfois, la réponse est simple : pas assez de personnes, pas assez de budget, pas assez de temps. Ce sont de vrais problèmes, mais ce ne sont pas des lacunes structurelles, et ils sont généralement mieux résolus par l’institution elle-même, avec davantage de ce qu’elle possède déjà.
Une lacune structurelle se présente différemment. Elle apparaît souvent dans l’espace entre les choses : entre l’organisation qui détient la responsabilité et celle qui détient la capacité ; entre la stratégie adoptée et le modèle opérationnel qui permettrait de l’exécuter ; entre une fonction qui traverse une frontière et les autorités situées de part et d’autre. Elle persiste parce que la combler demanderait à une institution existante de sortir de ce pour quoi elle a été conçue.
Nous commençons par la fonction
Nous ne commençons pas par l’organigramme. Nous commençons par la fonction qui est censée se produire, puis nous retraçons les endroits où responsabilité, capacité et exécution se séparent.
Lors d’une première conversation, voici les questions que nous posons généralement :
- Qu’est-ce qui est censé se produire, et qu’est-ce qui se produit réellement ?
- Qui en est responsable, et qui est réellement capable de le faire ?
- Où la fonction dépend-elle de quelque chose que personne ici ne contrôle ?
- Qu’est-ce qui a déjà été essayé, et pourquoi cela n’a-t-il pas tenu ?
- Qu’est-ce qui serait différent si la lacune était comblée, et comment quelqu’un pourrait-il le savoir ?
La dernière question est la plus importante. Si personne ne peut dire ce que la fermeture de la lacune changerait, le travail ne peut pas être mesuré et ne devrait pas encore commencer.
Quand nous disons non
Tous les problèmes n’ont pas besoin de nous, et nous préférons le dire tôt.
Si une institution existante peut combler la lacune avec son propre mandat et ses propres ressources, nous le disons et, lorsque nous le pouvons, nous l’aidons à le faire. Si le problème tient à la capacité plutôt qu’à la structure, nous le disons aussi. Si la lacune est réelle mais que les conditions pour la combler n’existent pas encore — le bon partenaire, la base juridique ou la volonté institutionnelle, par exemple — nous précisons quelles sont ces conditions au lieu de lancer un travail qui ne pourra pas tenir.
Ce n’est pas de la modestie. C’est ainsi que nous protégeons le travail qui commence effectivement. Un engagement fondé sur un mauvais diagnostic échouera, aussi bien exécuté soit-il.
Nous ne remplaçons pas ce qui existe
ESFI ne concurrence pas les institutions existantes et ne cherche pas à reprendre leurs responsabilités. Nous construisons ce qu’elles ne peuvent pas construire sans cesser d’être ce qu’elles sont.
Cela signifie généralement travailler à leurs côtés : relier des pièces qui appartiennent à des organisations différentes, concevoir un modèle opérationnel qui respecte les frontières juridiques et institutionnelles réelles, ou construire une capacité dont une institution a besoin et qu’aucune institution seule ne peut créer.
Notre mandat vient de cette absence. Lorsque la lacune est comblée, le mandat pour cette partie du travail est rempli, et la capacité appartient aux institutions qui la feront vivre.
Ce qui vient ensuite
Lorsqu’une lacune est confirmée et que les conditions sont réunies, le travail passe à La séquence : comprendre suffisamment la lacune pour concevoir une réponse, concevoir quelque chose qui fonctionne sous des contraintes réelles, puis le construire jusqu’à ce qu’il fonctionne sans nous.
Associé : La séquence · Ce qui reste chez vous · Transfert de capacité